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Sunday, November 14, 2010

Politique et Opportunisme:le Dilemme de L'oeuf et de la Poule

Il y a quelques jours, je me suis retrouvé au milieu d’une discussion très animée à propos des politiciens Capverdiens. Il semblerait que chacun aie sa propre idée sur la question selon la filiation politique. Les uns semblent penser que le parti au pouvoir est incompétent alors que de l’autre côté de la barrière les adeptes du PAICV semblent ne voir que des choses positives. Ou se trouve la vérité ? 

En 1975 le Cap Vert est devenu indépendant après des années de lutte sur le terrain (en Guinée Bissau), menée par Amilcar Cabral et ses camarades. Comme nous le savons tous, Cabral n’a pas eu le plaisir de voir son rêve devenir réalité, ayant été sauvagement assassiné peu avant l’indépendance. 

Le PAIGC dont il était le fondateur a pris rênes du pouvoir et le Cap Vert est devenu un pays non-aligné, c’est à dire un pays satellite de l’Union Soviétique. Nous étions devenus des « camarades », plus par commodité, comme dans un mariage de convenance, que par conviction. Des abus de toutes sortes ont été commis. Certains se sont enrichis avec les diverses aides internationales et les envois des Immigrés. 
C’était la GÉNESE de la corruption dans le milieu politique du Cap Vert. 

En 1991, après des années de mécontentement du peuple envers le gouvernement, le PAIGC qui entre-temps est devenu PAICV après s’être séparé de l’union avec la Guinée, organise des élections « démocratiques » qu’ils étaient sûr de gagner. C’était sans compter avec l’étendue des dégâts. Ils ont perdu, faisant place au nouveau régime démocratique du MPD, dont la plupart des membres étaient des dissidents du PAICV. 

Les exactions physiques ont fait place à des abus psychologiques, les maigres structures mises en place par le PAICV, qui permettaient aux pauvres d’avoir une vie décente, ont été dissoutes en faveur de « maisons commerciales » dirigées le plus souvent par un oncle, frère ou cousin des hommes au pouvoir, ces hommes qui avaient accusé leurs prédécesseurs de ces mêmes maux. Subitement l’ambition de tout homme politique au Cap vert était de devenir un haut fonctionnaire, préférant se remplir les poches, au devoir à la patrie. 

Pendant que la populace souffrait, un ambassadeur au Portugal dépensait des centaines de milliers en whisky et costumes haut de gamme. La punition, une fois l’affaire mise à découvert a été une promotion interne dans le parti. 
L’ex Maire de la Capitale, issu d’une famille extrêmement pauvre, a réussi a devenir riche en quelques années, par un tour de passe-passe a la Capverdienne : la Mairie a vendu les meilleurs terrains de la Capitale a une société étrangère, a un prix infiniment plus bas que celui du marché. Il les a rachetés une fois qu’il a pris sa retraite politique, a moins de 40 ans, devenant ainsi l’un des hommes les plus riches du pays. 

L’ex-directeur de TACV, selon l’un de mes interlocuteurs est devenu riche (issime) grâce au pactole offert par son employeur « pour avoir aidé » dans l’achat d’un avion. En d’autres termes, le gouvernement a donné des dessous de table a un employé pour lavoir aidé dans l’acquisition d’un avion payé à prix d’or. Bien évidemment ce Monsieur a demandé et obtenu sa retraite et est aujourd’hui l’heureux propriétaire d’une entreprise de haut standing, digne des meilleures entreprises internationales, et cela en association avec, vous l’avez deviné, l’ex-Maire de la Capitale. 

En attendant toutes les entreprises nationales ont été « privatisées », vendues aux Portugais, qui sont ainsi redevenus les « maîtres ». Comment peut-on se défaire du trésor national au mépris de l’avenir de notre pays, au nom de la libre entreprise? Cela équivaut à des parents qui laissent des enfants de 5 ans, seuls dans la maison estimant qu’ils sont assez grands pour se débrouiller seuls. Pendant ce temps les apologistes d’un marché libre s’enrichissent, les pauvres sont de plus en plus pauvres, l’écart se creusant de plus en plus. 

Ces hommes politiques, qui connaissant le poids économique de la diaspora Capverdienne se déplacent de plus en plus souvent pour nous faire les yeux doux sans toutefois rien nous offrir de concret en retour. Il serait bon de leur rappeler que sans nous le Cap Vert n’est rien, et que par conséquent, nous devrions pouvoir compter avec notre gouvernement, de la même manière qu’ils comptent sur nous. 
Il serait bon que nous promouvions une loi nous permettant d’avoir un contrôle, si minime soit-il sur l’argent que nous envoyons. Nous aimerions devenir des partenaires et non pas des vaches laitières. 

Ces politiciens qui ont dévalisé les coffres du pays doivent payer. Nous devons forcer un référendum sur une loi contre l’enrichissement subit des fonctionnaires de l’État avec possibilité d’action rétroactive. 
Seulement alors le Cap Vert pourra se dire DÉMOCRATIQUE 

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